• Confédération Internationale

    de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

    30 millions de pauvres aidés dans le monde

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    "Je voudrais enserrer le monde dans un réseau de charité" (Frédéric Ozanam)

Témoignage : Qu’y a-t-il sous la surface de la SSVP ?

David Lawlor est un ancien journaliste et directeur des relations publiques. Il a donné une conférence au personnel des « Sollicitudes pour les Réfugiés » dans leurs bureaux à Mount Street, Dublin, sur ce sujet. David est diplômé en sciences sociales et en histoire. Son livre, ‘Divine Right? The Parnell Split in Meath’ (« Droit divin ? La Division Parnell à Meath”) a été publié en 2007 par Cork University Press. Il a présidé la Conférence de St. Andrew et de St. Mary à Pearse Street (Irlande) pendant presque six ans.

Grattez la surface d’une Conférence SVP aujourd’hui et vous trouverez des personnes qui, contrairement à la grande majorité de leurs concitoyens, se sont assises dans des roulottes de roms, qui comptent des émigrants musulmans parmi leurs amis ou qui entrent dans les prisons pour faire savoir aux prisonniers qu’ils ne sont pas des marginaux. Outre ces expériences enrichissantes pour la vie de chacun, les membres de la SVP ont également la satisfaction de soulager les épaules des autres du poids du désespoir et des soucis, souvent en les orientant dans la bonne direction et parfois simplement en leur fournissant les moyens pour acheter de la nourriture ou pour payer une facture.

Vous pouvez vous sentir comme le Père Noël parfois, mais d’autres fois, les décisions sont dures : respecter le souhait d’une femme mourante d’aller à Lourdes – oui ; ou permettre à une mère de dépenser 500 Euros dans la robe de première communion de sa fille car elle croit que celle-ci devrait avoir une robe aussi belle que toute autre fille de son âge – non ; remplacer la caravane d’une personne âgée qui a brûlé – oui ; donner des bons à une mère qui a remis son livret d’allocations familiales à un créancier illégal et qui refuse d’aller au MABS – non. L’épreuve cruciale, spécialement lorsqu’il s’agit de sommes importantes, est de se demander si les donneurs approuveraient notre décision.

Bien sûr, si vous faites partie de ceux qui donnent de l’argent, vous vous devez de conserver un certain scepticisme, car il y aura toujours des personnes qui profiteront de la situation. Toute Conférence s’inquiète de commettre l’erreur de donner à une personne qui n’a pas réellement besoin de notre aide mais qui a du « culot », le sentiment qu’on lui doit quelque chose ou tout simplement manque suffisamment de scrupules pour la réclamer. Nous nous préoccupons davantage de commettre une erreur encore plus grave qui serait de laisser passer des personnes ayant désespérément besoin de notre aide mais qui, par amour propre, ignorance ou en raison de leur incapacité à faire face aux choses, ne font pas appel à nous. C’est la raison pour laquelle nous faisons connaître nos services à échelle locale et nationale et ce pourquoi nous maintenons le contact avec des éducateurs sociaux, des professeurs, des assistantes sociales, le MABS et avec d’autres entités qui sont en mesure de nous orienter vers eux.

Tout ceci m’amène à notre « éthos catholique » - qui je pense est devenu, au cours des dernières années, une philosophie plus chrétienne. Evidemment, le précepte chrétien fondamental d’aimer son prochain, c’est-à-dire d’aimer tout le monde, est à la base de tout ce que nous faisons. Cependant, nous sommes conscients du fait que la charité est une composante de base de toutes les grandes religions du monde et que les non-chrétiens ne sont donc pas exclus interdits d’adhésion à la Société de Saint Vincent de Paul. Nous sommes une organisation laïque dans sa structure et sa gouvernance; le président récite les prières au début et à la fin de chaque réunion en préparation psychologique de ce qui va suivre.

même si nous avons des prières avec un but spécifique lors des réunions de nos Conférences, nous ne sommes pas tous des « bigots », mais nous constituons un échantillon de la population irlandaise, certains allant à la messe, d’autres pas, avec une grande diversitéentre les deux. Je me placerais quelque part dans le « no man’s land » entre la foi et l’espérance, mais je pense qu’une église digne de ce nom devrait être une sorte de prise de courant, où les individus se connectent et se rechargent avent de retourner dans le monde pour continuer à vivre leur idéal chrétien.

Vous pouvez également lire l'article dans son intégralité Qu'y a t-il sous la surface de la SSVP? (pdf, 258,22 Ko)