• Confédération Internationale

    de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

    30 millions de pauvres aidés dans le monde

  • Confédération Internationale

    de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

    "Je voudrais enserrer le monde dans un réseau de charité" (Frédéric Ozanam)

Retour à la liste des actualités

Lectures du Dimanche 4 février

29 janvier 2018 Actualités du CGI

Lectures du Dimanche 4 février

Semaine du 29 janvier 2018 (référence : lectures du dimanche 4 février)

5ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B - Lectures : Job 7,1-4.6-7 ; Psaume 146 (147) ; 1 Corinthiens 9,16-19.22-23 ; Marc 1,29-39

« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! ».

Réflexion vincentienne

Les lectures d’aujourd’hui ressemblent à des cours sur la dépression et la tristesse. Job semble complètement déçu et déprimé dans ses « nuits d’amertume ». Paul présente sa mission d’évangélisateur comme « une obligation qui lui avait été imposée ». Et Jésus, après une journée entière de guérisons et expulsions de démons, semble avoir besoin d’aller dans un endroit tranquille pour se reposer.

Nous vous invitons à réfléchir sur le message opposé à cette perception initiale des lectures : elles nous montrent que le sens de la vie est exactement la joie de la conversion et du service au Seigneur, à travers les plus nécessiteux.

Dans la première lecture, Job (le même du proverbe qui dit : « parfois on a besoin de la patience de Job ») montre son amertume et sa déception avec la vie marquée par une énorme souffrance. Job est un homme pieux, bon, généreux et plein de « crainte de Dieu ». Il possédait de nombreux biens et une famille nombreuse… Mais, tout d’un coup, il perd tout : biens, famille et santé. Dieu semble absent et indifférent devant son désespoir.

Les juifs croyaient en ce qu’ils appelaient « la théologie de la rétribution », c'est-à-dire, Dieu récompense les bons et punit les mauvais. Job est présenté justement pour remettre en question cette théologie qui considérait Dieu comme un commerçant et passe à chercher le véritable visage de Dieu, de façon passionnée, émotive, dramatique, tempérée par la souffrance, marquée par la rébellion et, parfois par la révolte. Job découvre un Dieu omniprésent, déroutant, incompréhensible, qui dépasse infiniment les logiques humaines ; mais, il découvre également un Dieu qui aime avec un amour de Père chacun de ses « petits ». Job reconnait sa petitesse et sa finitude, son incapacité à juger Dieu et à le comprendre à la lumière de la logique des hommes. C’est pourquoi, il se remet entièrement dans les mains de ce Dieu, incompréhensible mais plein d’amour.

Paul semble faire la même chose : dans la deuxième lecture, il dit que l’unique récompense pour être l’apôtre entièrement consacré à Dieu, est davantage de travail et de dévouement : c’est « annoncer gratuitement l’Évangile ». Mais il dit plus, c’est un cours de philosophie. « Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait leur égal pour en sauver à tout prix quelques-uns ».

Nous déduisons de ces textes des leçons très importantes pour nous Vincentiens.

En premier lieu, suivre l’Évangile n’est pas une profession pour laquelle nous recevons un salaire ; il s’agit d’un don passionné à Dieu, en nous remettant à lui ; il s’agit également d’accepter les souffrances (« la croix ») avec la joie d’être plus près et plus « aimé par Dieu ».

En deuxième lieu, notre service aux autres (en particulier aux pauvres) doit être tel que nous devons devenir leurs égaux, pour comprendre et vivre leurs faiblesses, leurs tristesses, leurs propres « nuits obscures ».

En troisième lieu, comment comprendre la souffrance et justifier que tant d’innocents et de bonnes personnes passent par des souffrances si terribles ? La réponse est qu’il n’existe pas de réponse rationnellement humaine. Seule la foi et l’espoir que le Dieu miséricordieux puisse nous faire accepter (même sans le comprendre) que la souffrance nous rapproche de ce Dieu.

En quatrième lieu, nous ne devons pas culpabiliser pour les fois où nous sommes un peu « Job » et où nous nous confrontons à Dieu, aux hommes, à nos souffrances et à ce que nous percevons comme justice. Ces sentiments sont humains et servent à « se remettre du désespoir », « se réveiller de la nuit obscure » et continuer notre chemin, pleins de volonté pour revenir à Dieu.

En voyant les besoins et les souffrances de nos frères abandonnés, malades, pauvres en biens matériels et en foi, le Vincentien n’a d’autre choix que de s’oublier soi-même, ses propres maladies, ses propres pauvretés et aller à leur rencontre. Montrer la joie de l’Évangile non seulement nous rapproche du Dieu qui est présent chez nos frères, mais également nous rend plus forts, plus résistants aux défis de la vie : il n’y a pas de résurrection sans mort, de bonheur complet sans qu’il soit précédée par la souffrance, de pardon sans déception et de lumière sans obscurité.