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Lectures du Dimanche 11 Mars

05 mars 2018 Actualités du CGI

Lectures du Dimanche 11 Mars

Semaine du 5 mars 2018 (référence : lectures du dimanche 11 mars)

4ème Dimanche du Carême – Année B - Lectures : 2 Cr 36,14-16.19-23 ; Pse 136 (137) ; Eph 2,4-10 : Jean 3,14-21

Réflexion vincentienne

Les lectures de cette semaine sont très complexes et difficiles à comprendre. Parfois, les messages sont un peu confus, comme par exemple, lorsque Saint Paul dit dans la Lettre aux Ephésiens : « C’est la grâce qui vous a sauvés au moyen de la foi. Le salut ne vient pas de vous : c’est le don de Dieu ». Ce n’est pas dû aux œuvres : personne ne peut s’en vanter. Cela veut-il dire  que Luther (et donc nos frères protestants) avaient raison ? Nos œuvres ne valent-elles rien pour notre salut ? Si cela était vrai, dans quel but faisons-nous nos visites vincentiennes ? Dans quel but devons-nous construire les œuvres spéciales vincentiennes – les asiles, les écoles, les orphelinats – si cela ne sert pas à notre sanctification ?

L’Évangile nous éclaire un peu dans cette discussion, lorsqu’il dit que « celui qui pratique la vérité se rapproche de la lumière, pour que ses œuvres soient manifestes car elles sont réalisées en Dieu ». Donc, nos œuvres sont importantes et fondamentales pour notre salut, à condition qu’elles soient faites au nom de la vérité, c’est-à-dire qu’elles soient « faites en Dieu ». Les œuvres qui ne sont pas valables sont celles que nous faisons pour notre gloire ou pour notre profit. De façon pratique, lorsque nous réalisons une visite vincentienne, ce sera « une œuvre faite en Dieu » et sera la « pratique de la vérité », si nous la faisons avec le sentiment d’une rencontre avec Dieu dans la personne assistée. Et cela est la grande mystique de la visite vincentienne.

La première lecture (du Livre des Chroniques) présente trois faits historiques importants : la destruction de Jérusalem, l’incendie du Temple et l’exile (déportation) du Peuple de Dieu à Babylone. Le chroniqueur les associe à l’infidélité du Peuple de Dieu. Comme nous l’avons vu dans des réflexions précédentes, les juifs croyaient en la théologie de la rétribution, c’est-à-dire que, lorsque le Peuple vit dans la fidélité à l’Alliance et aux commandements, Dieu lui offre la vie et le bonheur ; lorsque le peuple est infidèle aux engagements assumés, il connaît la mort et le malheur. C’est une vision dans laquelle Dieu n’est qu’un commerçant soucieux de faire le compte des débits et crédits de l’homme, incapable d’amour et de miséricorde.

L’Évangile de ce dimanche vient justement démontrer les limites de cette perspective et présenter un Dieu qui, même s’il déteste le péché, aime l’homme au-delà de toute mesure et est toujours prêt à lui offrir la vie et le salut. Il nous est montré comment Dieu envoie ses prophètes pour que le Peuple comprenne et croie en Lui, tel que Jésus nous parle dans la Parabole des Laboureurs (Luc 20 :9-19 ; Marc 12 : 1-12 ou Matthieu 21 : 33-46).

C’est ce qui est arrivé à Jésus même : Dieu envoie son Fils au monde et le peuple le tue sur la croix. Sommes-nous alors conscients que Dieu ne suit pas cette théologie, la théologie de la rétribution (Il ne nous mesure pas par nos péchés), et que donc, nous devons savoir ce que nous voulons, si être de ceux qui le crucifient ou de ceux qui l’aident à porter la Croix ?

Revenant sur le sujet du salut par la grâce ou par les œuvres dont parle Saint Paul aux Éphésiens, il est important de souligner que le message est destiné aux chrétiens d’Éphèse dans le sens de nier la théologie de la rétribution. Donc, Dieu sauve l’homme par sa grâce, manifestée dans la mort et la résurrection du Christ. Le salut n’est pas une conquête de l’homme, ni le résultat de ses œuvres ou de ses mérites, mais n’est qu’un pur don de Dieu : il n’y a pas de place pour les sentiments d’orgueil ou pour toute attitude d’autoglorification (comme le pensaient les Éphésiens). De l’offre du salut que Dieu fait à l’homme, nait un nouvel homme qui pratique de bonnes œuvres.

Par conséquent, les bonnes œuvres ne sont pas la condition pour recevoir le salut mais le résultat de l’action de cette grâce que Dieu, dans son amour et dans sa bonté, verse gratuitement sur l’homme. À la fin, comme on a déjà dit, les œuvres qui ne sont pas valables sont celles que nous faisons pour notre gloire ou notre profit. Celles que nous faisons au nom de Dieu contiennent notre foi dans la grâce gratuite du salut apporté par Dieu. C’est pour cela que c’est la foi qui sauve et non pas les œuvres en elles-mêmes.

L’Évangile tranche la question en disant : « tous ceux qui pratiquent de mauvaises actions détestent la lumière et ne s’en rapprochent pas, de peur que leurs œuvres ne soient montrées du doigt. Mais ceux qui pratiquent la vérité se rapprochent de la lumière, pour que leurs œuvres soient manifestes, car elles sont faites en Dieu ».

Qu’il serait intéressant d’être vincentien et de savoir que ce que nous réalisons ne sont pas seulement des œuvres, et encore moins des œuvres faites pour notre propre profit ou pour nous « remplir de gloire ». Toute l’œuvre vincentienne, dès son début en Saint Vincent et confirmée par Ozanam, est le produit de notre croyance que c’est Dieu qui la réalise : « à la force de nos bras et avec la sueur de nos visages » comme le disait Saint Vincent.