• Confédération Internationale

    de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

    30 millions de pauvres aidés dans le monde

  • Confédération Internationale

    de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

    "Je voudrais enserrer le monde dans un réseau de charité" (Frédéric Ozanam)

Retour à la liste des actualités

Lecture spirituelle du dimanche 3 septembre

28 août 2017 Actualités du CGI Lectures spirituelles

Lecture spirituelle du dimanche 3 septembre

Semaine du 28 Août (référence : lectures du dimanche 3  septembre)

22ème Dimanche du Temps Ordinaire - Lectures : Rom. 12, 1-2 – Mt. 16,21-27

« Ne vous conformez pas au monde, mais transformez-vous.»

Réflexion vincentienne

Les lectures de cette semaine nous font réfléchir sur la vocation de l’Église d’ « être dans le monde, sans être du monde ».

Dans la Lettre de Saint Paul aux Romains, il dit : « ne vous conformez pas au monde, mais transformez-vous et rénovez votre mode de pensée et de jugement, afin de pouvoir discerner la volonté de Dieu ». Cette parole indique clairement que nous ne pouvons pas nous adapter au monde, mais que nous devons chercher la volonté de Dieu. Et cet exercice ne doit pas être fait qu’une seule fois, il faut le faire constamment, car le monde exige que nous renouvelions notre façon de penser et de juger à chaque moment, dans chaque décision que nous prenons, dans chaque initiative que nous lançons, et chaque fois que nous jugeons notre monde et notre frère. C’est un exercice que nous faisons depuis notre naissance jusqu’au moment où nous abandonnons ce monde.

Dans l’Évangile de Mathieu, Jésus dit que la vraie vie n’est pas dans le monde, mais consiste à « porter sa croix » : « si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; et celui qui perd sa vie à cause de moi, la trouvera. De fait, quel profit existe-t-il pour un homme s’il conquiert le monde entier, mais perd son âme ? » Ceci est intéressant car Jésus ne nous dit pas que nous devons abandonner le monde ; d’une certaine façon, Il accepte que nous pouvons conquérir le monde entier : le pouvoir, l’argent, la gloire ; et il n’y a rien de mal à cela, si nous le faisons « à cause de Lui ». Évidemment, il existe de belles vocations d’engagement total pour la contemplation et l’ascétisme, comme les moines qui abandonnent littéralement le monde ; eux également se transforment chaque jour. Mais on attend de nous une vocation différente : en étant dans le monde, nous devons utiliser tout ce qu’il nous offre pour le service désintéressé de l’Évangile.

Il ne peut y avoir de message plus approprié pour les membres de la Famille Vincentienne (en particulier les laïcs) qui vivent dans le monde. Car il est difficile d’être dans le monde, sans se laisser porter par la façon dont nous sommes évalués : le succès, la richesse, le statut social ou politique ! Dieu donne aux vincentiens la grâce de la proximité de la pauvreté, de la solitude, de la maladie et de la souffrance des assistés afin que nous puissions « transformer le monde », à commencer par notre propre conversion.

Et pour «être dans le monde, sans être du monde », en tant que laïcs, nous n’avons pas besoin d’avoir les fonctions de l’Église ad intra, c’est-à-dire celles des prêtres et des diacres. Au contraire ! En mars 2014, lorsqu’il parla aux membres d’une chaîne de télévision catholique italienne, le Pape François a critiqué ce qu’il appelle le « cléricalisme », c’est-à-dire, le fait de limiter l’action des laïcs « aux tâches internes de l’Église », au lieu de (comme dans l’Encyclique Evangelii Gaudium) faire valoir « les valeurs chrétiennes dans le monde social, politique et économique. » Ceci est notre façon  « d’ajuster le monde à la volonté de Dieu ».

Ozanam fut un exemple de recherche de la transformation du monde, lorsque, tout en apprenant de sa profession (comme professeur de la Sorbonne), de sa vie vincentienne (comme visiteur du Pauvre), et de sa vie de catholique (comme visiteur du Très Saint Sacrement), il fut un « Défenseur public » aguerri de la justice sociale. En tant que précurseur de la Rerum Novarum (encyclique du Pape Léon XIII) et, par conséquent, de la Doctrine Sociale de l’Église, Ozanam ne s’est pas tu, mais il a défendu avec fermeté les politiques publiques concernant le principe de subsidiarité, pour la protection sociale des plus abandonnés.

En tant que vincentiens, sommes-nous prêts à suivre cette vocation de transformation et proclamation dans le monde où nous vivons ?